Le courant transpersonnel

mandala24Dans  l’histoire de la psychologie et de la psychothérapie, le mouvement transpersonnel a émergé en prolongement du courant de la psychologie humaniste. Ceci, sous la guidance de Abraham Maslow et Antony Sutich, qui jugeaient que la dimension spirituelle n’était pas intégré dans le cadre conceptuel du mouvement humaniste.

L’ Association for Transpersonal Psychology (ATP), qui est en fait l’association américaine en 1971, a été créée par Abraham Maslow, Antony Sutich, Miles Vich, Stanislav Grof, Mickael Murphy et James Fadiman. Ils créèrent peu après le « Journal of Transpersonal Psychology » qui existe toujours et fait référence dans ce domaine. Sutich et Maslow sont considérés comme les sages-femmes de l’articulation de la vision transpersonnelle avec la psychologie humaniste. Le mot « transpersonnel » a été proposé par Grof lui-même et a été accepté par ses collègues et jusqu’à aujourd’hui, c’est sous cette appellation que s’est developpée cette nouvelle branche de la psychologie.

En 1975, Robert Frager créa l’Institute of Transpersonal Psychology à Palo Alto en Californie, qui est la plus ancienne université privée offrant un cursus complet en psychologie transpersonnelle. Cet institut reste le modèle de l’avant-garde dans ce domaine et a, depuis peu, changé de nom pour devenir « Sofia University ».

C’est encore Stan Grof qui a créé en 1978 l’International Transpersonal Association (ITA) qui a organisé des congrès transpersonnels dans le monde entier. ITA fut dissoute en 2004 avant d’être réanimée en 2009 sous la présidence du Professeur Les Lancaster (UK).

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En 1984, en Europe, EUROTAS (Association Européenne du Transpersonnel) a vu le jour en lien avec des associations nationales qui ont fleuri dans de nombreux pays d’Europe. A l’époque cela ne regroupait pas un nombre très important de membres, mais il s’agissait de membres actifs et impliqués qui ont donné l’impulsion à ce mouvement en Europe sur des bases un peu différentes des Américains en y intégrant l’héritage culturel et spirituel si riche en Europe.

Depuis EUROTAS a beaucoup évolué et les organisations membres se sont multipliées. Aujourd’hui une trentaine de pays sont représentés, des écoles sont également membres et EUROTAS accueille aussi des membres individuels et des membres professionnels qui sont des psychothérapeutes transpersonnels certifiés par EUROTAS. Aujourd’hui, le rayonnement d’EUROTAS dépasse les frontières de l’Europe puisque l’association compte maintenant des membres institutionnels et professionnels américains, argentins, australiens, israéliens, sud-africains, indiens, etc. Cet essor montre l’intérêt suscité par cette approche dans la plupart des pays du monde auprès d’un public en recherche d’autres valeurs et d’une vision plus large que le spectre de la psychologie classique basé sur le paradigme matérialiste.  De plus ne plus de personnes, ayant déjà pris conscience et expérimenté à titre personnel l’importance d’intégrer la dimension spirituelle au cœur de la vie, indépendamment de toute appartenance religieuse, s’intéressent à la psychologie transpersonnelle qui ouvre sur un nouveau paradigme.

Maslow a défini le behaviourisme comme la première force dans l’histoire de la psychologie, la psychanalyse étant la deuxième, la psychologie humaniste, la troisième force et la psychologie transpersonnelle est considérée comme la quatrième force.

mandala32Conscience et spiritualité sont les concepts majeurs du transpersonnel. Et cela vient interroger et interpeller les autres courants ainsi que les courants académiques et universitaires qui résistent à donner une place à la dimension spirituelle de l’homme pour décrire son fonctionnement psychologique.

Au sein d’EUROTAS, deux revues à comité de lecture existent et publient en anglais des articles sur le transpersonnel : l’Integral Transpersonal Journal et le Journal of Transpersonal Research.

En France, l’intérêt pour le transpersonnel est important et la demande de formation, de stages, de conférences et congrès sur le sujet va croissant et ce, malgré des oppositions des instances officielles et administratives qui ne voient pas du tout d’un bon œil l’intérêt de nos concitoyens pour ces approches. La spiritualité, si elle ne fait pas partie des grandes religions institutionnelles, est plus que suspecte dans notre pays. Et au lieu de considérer l’impact positif sur le mieux-être, un équilibre et une santé meilleurs ainsi que le développement de comportements plus solidaires et éthiquement responsables, les thérapeutes qui se revendiquent de cette approche, ont encore du mal à se faire reconnaître. La France, de ce point de vue, est un pays très conservateur mais c’est aussi notre travail de le faire évoluer.

Pour terminer notre tableau du mouvement transpersonnel par un regard sur les organisations françaises, nous allons tout d’abord citer l’Association Française du Transpersonnel, créée en 1985 dont le Professeur Marc-Alain Descamps est le président depuis sa création.

En 2003, a été fondé le GRETT (Groupe de Recherches et d’Etudes en Thérapies Transpersonnelles) qui regroupe des personnes intéressées par cette approche et a mis en place un département sous forme de société savante, nommé le Collège Professionnel du GRETT, qui regroupe les membres professionnels et les praticiens de la thérapie transpersonnelle. Le GRETT fait paraître une revue thématique annuelle, SYNODIES, et organise chaque année un forum.

Egalement en 2003, Bernadette Blin a créé l’IRETT  (Institut de Recherche en Thérapie Transpersonnelle) qui forme des praticiens de la thérapie dans une orientation transpersonnelle et des praticiens de la Thérapie Holotropique.

Tout ceci n’est qu’une page de l’histoire transpersonnelle et beaucoup encore reste à écrire.