Laisse tomber la vie que tu as planifiée, pour vivre la vie qui t’attend.
Joseph Campbell

C’est cette phrase de Joseph Campbell que j’ai choisie pour accompagner le flyer de mon programme 2017-2018.

Dans ce monde où on ne parle que d’insécurité, de peur du lendemain, de la perte d’avantages acquis, etc., quelle radicale invitation ! Il semble, à l’écoute ou la lecture des médias, qu’il est plus important de sécuriser sa vie, prévoir, ne pas lâcher la proie pour l’ombre. On nous enjoint d’écouter notre tête, notre raison plutôt que notre cœur.

Et pourtant ? N’est ce pas urgent d’écouter la voix de notre cœur pour suivre notre voie ?  Je ne parle pas du cœur comme mouvement d’impulsion, qui est en fait plus un coup de tête, une flambée émotionnelle que le langage de l’intelligence du cœur. Vous savez que notre cœur a un cerveau et qu’il est infiniment plus rapide à réagir que le cerveau de notre tête. Il anticipe même les événements en nous faisant réagir à ce qui va arriver, alors que nous ne sommes pas encore au courant de l’événement à venir. Notre cœur est détenteur d’une intelligence, d’une sagesse dont nous nous privons la plupart du temps, parce que nous ne nous sommes pas branchés.

Alors ne serait-il pas temps de l’écouter ce cœur ? D’entrer dans un véritable dialogue avec lui ? Il va nous dire si la vie que nous vivons est bien la nôtre, c’est-à-dire, celle que nous avons à vivre pour déployer nos ailes et accomplir ce que nous sommes venus faire ici-bas.

Le cœur sert à aimer et aussi à mettre du sens, de l’empathie, de l’amour, dans toutes nos relations et toutes nos actions. Et je crois profondément que dans ce monde de plus en plus déshumanisé, nous avons à remettre du cœur, du sens, du lien, du sourire, du partage pour retrouver ce qui nous fait être humain en reconnaissant notre dimension sacrée et spirituelle.

J’ai lu cet été avec beaucoup d’intérêt le livre d’Abdennour Bidar « Les Tisserands, Réparer ensemble le tissu déchiré du monde » (éditions Les Liens qui Libèrent 2016). Un très beau livre où il nous montre combien nous devons devenir ces Tisserands et nous mettre au travail pour réparer le tissu déchiré du monde , cause de cette grande crise de civilisation, à l’origine de toutes les crises que nous vivons aujourd’hui (économique, sociale, politique, écologique, énergétique, philosophique, etc.).

Et pour retisser ces liens perdus, nous devons avoir foi et courage, deux vertus du cœur.

Alors n’agissons pas sur des coups de tête qui partent d’impulsions émotionnelles non maitrisées et qui sont la manifestation de notre ego encore immature et apeuré, mais mettons du cœur à l’ouvrage et écoutons avec bienveillance et intérêt  ce que nous dit cette petite voix en nous. Elle est un guide précieux pour orienter notre vie et ne pas nous perdre dans des méandres inutiles qui ne sont que des stratégies de survie. La méditation peut être une aide précieuse pour apprendre à faire silence en nous et laisser parler la voix du cœur.

Nous n’avons plus le temps de tergiverser. La situation du monde est dans un tel état que chacun de nous là où il est et avec ses aptitudes propres, doit se mettre au travail et commencer par soi-même. « Suis-je vraiment en train de vivre ma vie ?  Est-ce comme cela que je peux contribuer au monde, à la vie ? ».

C’est tout le « sens » du travail sur soi, de la quête spirituelle, de la mise en ordre de nos déséquilibres psychologiques. Approfondir ce travail de conscience pour être aussi clarifiés et conscients que possible face aux choix et aux défis auxquels la vie ne manque pas de nous confronter. Mais nous avons des ressources insoupçonnées et la psychologie positive, la psychologie transpersonnelle nous offrent des voies directes pour les contacter.

Alors hauts les cœurs ! Et ne perdons plus de temps, la vie, notre vie c’est aujourd’hui, c’est maintenant. Et quelle merveilleuse aventure !

Bernadette Blin